Samedi 8 novembre 2008

-         Police Secours, j’écoute.

-         Bonjour, mon voisin écoute de la musique depuis ce matin et ça commence à me taper sur le système, vous ne pouvez pas aller lui dire d’arrêter s’il vous plait ?

-         Vous avez essayé de prendre contact avec lui pour lui demander de baisser ?

-         Oh ben non alors ! Il est adorable, je m’entends très bien avec lui mais je ne veux pas aller le voir pour ça !

-         Euh… Je vais reformuler pour être sûr et certain d’avoir bien compris ce que vous me dites madame. Vous avez un voisin avec lequel vous vous entendez bien. Il fait trop de bruit et vous préférez lui envoyer la police au risque de lui faire avoir une amende plutôt que d’aller le voir et de puis demander gentiment de baisser le volume, c’est bien ça ?

-         Mais, s’il refuse de baisser ?

-         A ce moment là, vous n’aurez qu’à me rappeler mais vous pouvez au moins lui poser la question.

 

Elle ne m’a jamais rappelé.

Par Jayos - Publié dans : Brève de 17.
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Mardi 28 octobre 2008

Cher Porcinet,

 

Je connais parfaitement ton nom et bien que tu sois le dernier des fumistes du dois te souvenir du mien. J’ai eu l’illustre déshonneur et la très grande malchance de servir sous tes ordres pendant quelques mois. Tu es le pire gradé que je n’ai jamais vu et le seul et unique à qui j’ai tenu tête ouvertement. Non, mon cher Grouik-Grouik, je n’ai pas de problème particulier avec l’autorité (auquel cas j’aurais mieux fait de choisir une autre branche) mais toi … c’était viscéral.

 

Vu ton charmant sobriquet, les gens qui nous lisent auront deviné que tu n’étais pas une gravure de mode. Je sais, on avait dit : pas le physique et pas les vêtements (comme à l’école) c’est pourquoi je ne m’étendrai pas sur le sujet (d’autant que je n’ai pas de quoi la ramener, n’ayant non plus rien de commun avec un mannequin et surtout pas le tour de taille). Non, ce qui ne me plaisait pas chez toi, dans le désordre, c’était : ton incompétence, ta paresse, l’énergie que tu développais à ne rien foutre, la façon dont tu regardais nos jeunes A.D.S. féminines comme un gros dégueulasse avec la bave aux lèvres, ton manque total de conversation et ton absolue certitude d’être le Phénix des hôtes de ces bois. Tu n’en avais cependant ni le ramage ni le plumage.

 

Quand nous avons su que tu étais muté dans un coin où le travail était encore plus rare que chez nous, nous avons tous brûlé un cierge car nous savions qu’après toi, c’était Tortue Géniale qui reprendrait les rênes de la brigade. Tu dois te souvenir de Tortue Géniale, non ? Nous l’appelions comme ça à cause d’un personnage de dessin animé de notre enfance. Un petit bonhomme tout maigre avec une couronne de cheveux blancs sur la tête et des lunettes. Il était ta parfaite antithèse. Certes, il n’avait pas l’âme d’un chef , il en convenait lui-même. Il venait d’un commissariat qui avait fermé et on lui avait donné le grade en compensation. Un bon coup de pouce pour sa retraite qui se profilait à l’horizon. Il avait accepté. Dans une brigade de gens civilisés comme nous étions, il a fait des merveilles. Mais partout il y a des cons, chez nous comme ailleurs. Et contrairement à la croyance populaire, chez nous pas plus qu’ailleurs.

 

Rappelle toi ce soir là. Il faisait nuit et je patrouillais avec Tortue Génial. J’adorais cet homme. Il parlait de tout comme de rien avec la même aisance et le même naturel. Il argumentait toujours auprès des gens en bon père de famille. « Enfin monsieur, vous ne pensez pas que vous avez passé l’âge d’agir comme un enfant ? Vous voyez bien que les arguments que vous avancez sont ridicules et relèvent de la pure mauvaise foi. » Et avec sa trogne de bon petit vieux (qu’il n’était pas tant, vieux je veux dire) les gens revenaient à la raison.

 

Ce soir là donc, Tortue Géniale et moi étions appelés en assistance des Pompiers pour une chute sur la Voie Publique. Un autre petit vieux (qui lui l’était vraiment) s’était lamentablement vautré la trogne de sa mobylette, presque aussi vieille que lui (en tout cas plus vieille que moi). Il n’était pas blessé mais comme il était plus saoul qu’un polonais le jour de la fête de la bière les Pompiers nous avaient appelés. Nous avons mis pied à terre et nous avons commencé à discuter avec nos chers camarades de la Sécurité Civile.

 

C’est sur ces entrefaites que tu es arrivé. En renfort, (je note que tu choisis bien les interventions à risque pour venir en renfort) ce qui partait d’une bonne intention. Cependant, n’étant pas les premiers intervenants et n’étant pas responsables du bon déroulement de l’intervention et de ses suites, il est de coutume que les patrouilles venues en surplus ferment gentiment leurs claques merde et laissent les choses se dérouler.

 

J’ai donc été quelque peu agacé par le fait que tu commences à parler plus fort que moi. J’ai été particulièrement contrarié par le fait que tu me pousses légèrement de l’épaule pour me passer devant et faire ton intéressant devant la jolie pompière (ça ne se dit pas comme cela il me semble) la bave te dégoulinant abondamment du groin (tu ne t’en es pas aperçu mais elle reculait avec une discrète grimace, chaque fois que tu t’avançais vers elle). Je te tins donc à peu près ce langage :

 

-         Ecoute Porcinet, si tu veux l’intervention, il n’y a pas de problème, tu le dis et nous on se casse. Sinon tu nous laisses gérer comme on l’entend et tu ne t’imposes pas comme un gros lourdaud. Tortue Géniale est entré dans la police, j’avais à peine un an. S’il y a quelque chose que je ne sais pas faire, je pense qu’il sera capable de me renseigner. Donc, soit tu traites, soit tu t’en vas.

 

Et là, tu as ouvert ton large bec et tu n’as rien dit. Car tu n’as aucune fierté, aucun honneur à défendre. Tu as haussé les épaules plusieurs fois, tu es remonté dans ta voiture et tu t’es barré comme un mal propre. Laisse moi te dire qu’à ta place, un petit peigne cul d’à peine quatre ans de boite (ce que j’étais ce soir là, je ne le nie pas) m’aurait parlé comme ça je pense fortement qu’il aurait encore les oreilles sifflantes tellement je l’aurais pourri. Mais toi non, tu t’es bien écrasé et tu es reparti comme la grosse fiente que tu es.

 

Quant au petit vieux, ma foi, nous n’avions pas le cœur de lui faire passer la nuit en cellule. Il habitait à peine cent mètres plus loin. Sa motobylette est restée sur place et nous l’avons ramené chez lui. Il logeait dans une petite maison à l’écart de la rue. Il fallait prendre un chemin de terre sur cinquante mètres pour y accéder. Comme il ne tenait pas debout, nous l’avons pris chacun par un bras et nous avons marché jusque chez lui.

 

Je pense que je m’en souviendrai toute ma vie. Il y avait deux fenêtres éclairées de part et d’autre de la porte d’entrée. Il nous a expliqué que sa femme était à la maison d’un air de chien battu. Lorsque la porte s’est ouverte, elle aussi bien éclairée, nous avons vu madame en ombre chinoise dans l’encadrement. Elle avait l’air de toucher des deux côtés.

 

-         Ola, elle se porte bien votre dame dites donc, lança Tortue Géniale toujours à l’affût d’une ânerie à dire.

-         Cent vingt kilos, a-t-il rétorqué de sa bonne voix de poivrot, tu comprends pourquoi je suis bourré maintenant ?

 

Je n’ai jamais pu dire bonjour à la dame en question, j’étais trop occupé à ne pas éclater de rire. Nous avons laissé monsieur Mobylette aux soins de madame Mobylette qui n’avait pas l’air ravie du tout et nous sommes repartis.

 

Tu m’en a reparlé ce soir là, à la fin de service, je t’ai redis la même chose et tu as eu la même réaction. Pour moi les choses étaient entendues. Mon chef de brigade était désormais Tortue Géniale et il n’y avait plus qu’à prendre mon mal en patience en attendant que tu partes. Les autres ont fait de même. Tortue Géniale lui aussi a commencé à mettre de l’ordre dans le tas de fange immonde que tu avais l’audace d’appeler un P4 (un registre où sont notés les présents, les absents, les prévisions de congés, éventuellement les affectations journalières de chacun. Tenir un P4 à jour, propre et ordonné est le premier devoir de tout chef de brigade, quelque soit le lieu, le service ou l’époque. C’est une constante.) Tu as haussé les épaules et tu as dis :

 

-         Je suis encore le chef quand même !

 

Nous ne t’avons même pas répondu. Tu t’es barré comme un voleur, sans adieu ni au revoir, ce que je peux comprendre vu l’ambiance qui régnait.

 

Bien à toi quand même Porcinet, prends ta retraite au plus tôt, c’est le plus beau cadeau que tu puisses faire à tes collègues.

 

Bien à toi, cher Tortue Géniale, tu n’as pas mérité la façon dont ça c’est fini. Puisses tu profiter de ta retraite autant que tu la mérites. Tu as été pour moi une inspiration.

Par Jayos - Publié dans : Les lettres de mon Flicard
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Lundi 13 octobre 2008

Chers collègues,

 

Je connais chacun de vos noms même si parfois certains se perdent dans les tortueux méandres de ma mémoire. Vous connaissez tous le mien même si certains doivent commencer à oublier tout comme moi. Nous nous sommes tous rencontrés, et ce, à d’innombrables reprises. Vous êtes le meilleur aspect  de ce métier. Vous êtes pour moi la meilleure raison de prendre ma voiture pour aller gagner ma croûte. Lorsque je vais travailler, c’est un peu comme si j’allais voir mes potes.

 

Bien sûr, je n’aurai pas la prétention de dire que je suis camarade avec chacun d’entre vous sans exception. Je ne peux pas plaire à tout le monde et tout le monde ne peut pas me plaire. Mais un minimum de diplomatie fait des merveilles.

 

Tous nous partageons ces automatismes que nous tenons de cette mémoire collective qu’il nous faut des années à intégrer. On a tous, un jour ou l’autre demandé à un ancien :

 

-         Pourquoi tu fais ça ? Ca fait beaucoup plus de travail et ça ne semble pas forcément très utile.

-         Parce que si tu ne le fais pas, il risque de t’arriver ça, ça, ça et ça.

-         Ca t’est déjà arrivé ?

-         Non, mais j’ai connu un collègue qui en a fait les frais.

 

Cela peut paraître étrange, voire stupide, au profane. Cela peut sembler relever d’un schéma comportemental digne d’une expérience menée sur un groupe de cobayes. Allez savoir, c’est peut-être vrai.

 

Il arrive que certains aspects de la mémoire collective entrent en désuétude. Parfois jusqu’à l’oubli total, c’est comme ça que certaines pratiques se modifient pour s’adapter aux évolutions de la société. Il arrive parfois que nous soyons rappelés à l’ordre par les événements. Parfois très cruellement. Et là, une phrase nous vient en tête : « Ca aurait pu m’arriver à moi. »

 

C’est ce vécu partagé qui fait que, malgré nos individualités, nos comportements sont comparables. C’est ce vécu partagé qui fini par nous faire penser qu’au final, la seule personne capable de réellement comprendre un flic, c’est un autre flic.

 

C’est ce vécu partagé, ressenti différemment par chacun d’entre nous qui rend le métier encore plus difficile à ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas entrer dans le moule ou faire semblant.

 

C’est l’absence de ce vécu partagé qui va nous faire regarder d’un mauvais œil le stagiaire qui a oublié que la première chose à faire pour débuter, c’est de se taire. C’est cette mémoire collective qui va nous donner le léger rictus qui accompagne l’écoute des consignes inadaptées d’un officier. « Celui-là n’a pas beaucoup usé ses chaussures sur le bitume. » Nous dirons nous. Et très poliment, nous écouterons tout en sachant qu’au final, c’est la mémoire collective que nous suivrons.

 

C’est ce vécu partagé qui fait qu’un collègue arrivé en mutation va savoir comment réagir dans les grandes lignes. Les détails varient, d’un service à l’autre, oui. Mes les détails ne sont que des détails.

 

C’est ce vécu partagé qui fait que lors que je vais rencontrer un collègue pour la première fois. Que je saurai que nous partageons plus ou moins le même grade, je vais le tutoyer comme si je le connaissais de longue date. Il en fera autant et tout ceci sera parfaitement normal et naturel.

 

Et c’est probablement cette mémoire collective qui fait que je me suis toujours senti à mon aise parmi vous chers collègues.

 

Bien à vous.

Par Jayos - Publié dans : Les lettres de mon Flicard
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Lundi 6 octobre 2008

Parachutiste - M.Leforestier-

Le hasard a voulu que mon grand frère soit parachutiste et que je sois policier, comme dans la chanson. Je n'ai cependant jamais osé la lui chanter.
Par Jayos - Publié dans : Ceci n'a rien à voir.
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Lundi 6 octobre 2008

Chers Casse-pieds,

 

Tu n’as pas de nom, tu es un personnage fictif et je ne me fatiguerai pas à t’en trouver un. Les gens que tu caricatures se souviennent peut-être du mien, ou peut-être pas, ça m’est égal. Nous ne nous sommes fatalement pas rencontrés mais, ceux que tu représentes, si. Au détour d’un coin de rue, lors d’une soirée, au supermarché ou au restaurant. Durant un laps de temps plus ou moins long lors duquel, avec un intérêt poli et un ennui dissimulé je les ai écouté déblatérer les vérités que l’on cache au commun des mortels sur l’institution qu’ils connaissent bien mieux que moi, même si j’en fait partie depuis des années.

 

Les brav’gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux chantait Brassens. Qu’ils n’aiment pas, c’est leur droit, qu’ils le disent, passe encore, mais qu’ils me le disent, franchement, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Lorsque l’on rencontre quelqu’un pour la première fois. Que l’on apprend qu’il est policier. Et que, prenant son courage à deux main, on vient lui poser la question qui nous tient à cœur, celle pour laquelle on a jamais eu l’occasion de se faire donner une réponse claire, précise et fiable et tout ceci en s’excusant de déranger pour parler boulot. Bien sûr que non, cher Casse-pieds, ça ne me gène pas, je ne suis pas un sauvage à ce point. Mais me faire abreuver pendant des heures, par quelqu’un que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, au sujet de légendes urbaines et de contes de fées aussi stupides et fantaisistes les uns que les autres, franchement, c’est usant.

 

-         Et tu sais que tu n’as pas le droit de faire ça ? Ou que pour faire ceci tu dois faire cela avant ? Et tu sais, un jour, tes collègues ils m’ont fait ça et franchement, c’était pas cool. Et tu sais qu’un jour, un de tes collègues il a essayer de me faire ça, et je l’ai bien niqué ce connard ! Et un jour, il m’est arrivé ça ! Non mais tu te rends compte ? C’est incroyable, hein ? Enfin, toi ça va, tu as l’air plus sympa que les autres mais en tout cas tes collègues, je peux pas les voir !

 

Bien sûr que je le sais, ce que j’ai le droit de faire et de ne pas faire, c’est mon travail, crétin. Franchement, si ce que tu racontes est vrai, tu dois être un sacré connard pour mes collègues en arrivent là. C’est clair, dans Navaro, le flic en tenue, il se fait toujours niquer, donc c’est normal qu’un abruti dans ton genre fasse de même dans la réalité, puisqu’ils le montrent à la télé c’est forcément réel. Et puis, ce que tu me racontes est incroyable, parce que dans la vraie vie, dans la vraie police, ça n’existe pas. Non, je ne suis pas plus sympathique que mes collègues et loin de là. Eux, généralement, sont bien plus sociables que moi. Et si tu pouvais fermer ton claque merde, ça me ferait de l’air.

 

La plupart du temps et je sais que je ne suis pas le seul, j’évite de dire quelle profession j’exerce. Non, bien qu’on me le demande extrêmement souvent, je n’ai pas honte de mon métier. Mais j’en ai plein le sac de devoir justifier mon choix de vie devant un parfait inconnu. De voir quelqu’un changer radicalement de comportement en une seconde et me faire passer devant une chambre d’accusation. Oui, j’ai un père et une mère que j’adore, et non je n’ai pas vendu leurs âmes au diable pour pratiquer celle activité.

 

Non, je ne suis pas très enclin à rendre un service à quelqu’un que je n’ai pas vu depuis quinze ans et qui m’attaque d’emblée par un « Ah, salut Jayos ! J’ai appris que tu étais dans la police maintenant. Tu ne pourrais pas faire ça pour moi, s’il te plait ? ». Franchement bonhomme, je ne t’aimais déjà pas au lycée, je ne pense pas que ça va changer.

 

Et puis on en arrive au meilleur morceau : le code de la route. Non, espèce de débile, nous ne passons pas notre temps au bord des routes à vampiriser le portefeuille des brav’gens. Si tu t’es pris une prune, c’est que tu as fait une connerie. Ouais ce n’est pas juste, parce que c’est toujours la première fois quand on me le raconte et se faire pruner quand c’est la première fois qu’on commet une infraction c’est vraiment scandaleux. Ouais tu as appris le code de la route quand tu as passé ton permis. Ouais tu as joué et tu as perdu. Et ouais, c’est comme à l’école, quand tu fais une cagade tu prends ta punition, tu dis merci et tu retournes t’asseoir.

 

Franchement, quand tu auras une idée de l’effet que ça fait d’être encerclé par une foule hostile, de savoir que si ça dérape, même si tu es l’homme le plus fort du monde tu vas en prendre plein ta gueule comme le dernier des merdeux et que tu ne rentreras pas entier chez toi.

 

Quand tu sauras ce que c’est d’expliquer à un mec qui vient d’enrouler sa bagnole autour d’un platane que non, tu ne peux pas l’aider à sortir parce qu’il risque de laisser ses tripes sur le bitume.

 

Quand tu sauras ce que c’est de passer des heures dans la même pièce qu’un morceau de viande morte qui autrefois portait un nom et qui pue tellement ça ne te semble plus si irréalisable de sauter du troisième, de courir les quinze bornes qui te séparent de chez toi et de plonger tout habillé sous la douche juste pour ne plus sentir cette odeur sur tes vêtements.

 

Quand tu sauras ce que ça fait d’aller voir un bon père de famille et de lui apprendre que pour fêter son permis, son gamin vient de se manger un mur à pleine vitesse, ivre comme un polonais et en ayant fumé assez de marie jeanne pour reconstituer une belle nappe de brouillard londonien dans sa bagnole.

 

Quand tu sauras quel effet tout cela fait, alors oui, on pourra avoir une discussion constructive sur la police et en attendant, tu fais comme tous les gens civilisés qui ignorent les détails d’un sujet de conversation quelconque : tu fermes ta gueule.

 

C’est comme ça que j’en viens, certains jours où je suis mal luné, à me prendre en flagrant délit de faire consciencieusement tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter de côtoyer mes concitoyens.

 

Bien à toi quand même, cher Casse-pied, je ne peux pas te reprocher d’être humain.

Par Jayos - Publié dans : Les lettres de mon Flicard
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Vendredi 3 octobre 2008

Chère madame,

 

Je n’ai pas cherché à connaître votre nom, peut-être connaissez vous le mien. Mes horaires font que je ne connais pas vraiment mes voisins mais nous nous sommes rencontrés. C’était un matin, un peu après cinq heures. Je rentrais du travail et vous partiez de chez vous.

 

Il faisait nuit, comme il est de coutume à cette heure et nous habitons tous les deux au fond d’une petite ruelle de certains qualifieraient de coupe-gorge. J’étais tout de noir vêtu et j’approchais dans l’ombre. Vous étiez en train de fermer votre porte, dans le halo de lumière de la lampe à détecteur de mouvement qui surplombe nos deux entrées de logement. J’ai probablement du vous surprendre. J’en ai conscience. Je n’ai pas eu le temps de vous saluer lorsque vous vous êtes aperçue de ma présence.

 

Je vous adresse cette lettre, madame, pour vous expliquer que ce matin là vous m’avez profondément blessé. En effet, effrayée par ma soudaine apparition. Vous avez eu le réflexe, qui en d’autres circonstances peut s’avérer salutaire, de me donner un grand coup de pointard à la Zizou dans le tibia. Sous la douleur, le me suis plié en deux pour porter les mains à ma jambe meurtrie. Vous avez enchaîné avec un magistral coup de sac à main fouetté derrière le crâne. Je vous ai crié que j’étais votre voisin. Qu’il ne vous était pas nécessaire de frapper de nouveau. Vous avez eu un petit regard dédaigneux. M’avez signifié que j’aurais mieux fait de m’annoncer (point sur lequel je ne puis qu’être d’accord avec vous), avez fini de fermer votre porte et vous en êtes allée, la démarche altière et le nez au vent.

 

Il me vient tout à coup une question : pourquoi avez-vous une brique dans votre sac à main madame ?

 

Vous m’avez blessé, madame, je vous le répète. Non dans ma chair car au final, il n’y avait pas grand mal mais dans ma fierté, de mâle, elle. En effet madame, comprenez mon désarroi. Je suis muni de ce qu’on appelle une stature imposante. De ce que certains de mes collègues, en référence à Audiar et ses Tontons flingueurs, appellent « une présence tranquillisante ». Je porte l’uniforme maintenant depuis onze ans et comme la plus grande partie de mes collègues, j’ai connu la jungle de la région parisienne. Je pratique le Karaté de façon plus qu’assidue, cet art martial étant pour moi une véritable passion, depuis presque autant de temps.

 

Vous comprenez maintenant, j’imagine, que me faire mettre minable par une petite bonne femme de l’âge de ma mère et m’arrivant à peine à l’épaule est particulièrement décevant pour moi.

 

Bien à vous, madame, votre réflexe fut le bon mais puissiez vous ne pas faire trop de victimes.

 

 

 

Ceci n’est pas une histoire vraie, mais elle aurait pu. Elle m’est inspiré de l’unique rencontre que j’ai eu avec ma voisine, où j’ai lancé un « N’ayez pas peur, madame, je suis votre voisin. » avant de sortir de l’ombre. Mais allez savoir comment tout ceci aurait pu se passer.

Par Jayos - Publié dans : Les lettres de mon Flicard
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Samedi 27 septembre 2008

Cher Monsieur,

 

Je ne me souviens pas de votre nom, vous ne devez pas connaître le mien, peut-être ne vous rappelez vous-même pas notre rencontre. Lorsque nous nous sommes vus, je vous ai verbalisé pour un feu rouge. Vous l’avez grillé, nous passions, ce n’est pas de chance, mais ça arrive.

 

Je me permets de vous adresser ce courrier pour vous expliquer une question que je vous ai posée et qui a semblé fort vous surprendre (avec le recul, effectivement elle était surprenante).

 

Sachez monsieur, que quelques jours à peine avant que je ne vous contrôle, j’étais en patrouille avec deux de mes collègues. La circonscription étant d’un calme désespérant, les interventions n’étant pas au rendez-vous, nous avons décidé de nous poser au bord d’une bretelle d’autoroute pour un contrôle routier. Même si ce n’est pas très populaire, cela fait partie de notre travail.

 

Nous y étions depuis un petit moment lorsque notre attention fut attirée vers l’autoroute par un crissement de pneus. Une Super 5, venait de freiner brutalement et de sortir de la voie par une bretelle destinée à l’accès ce qui est formellement interdit. Nous l’avons donc contrôlée et je l’ai verbalisé.

 

Le conducteur en est descendu. Un véritable colosse à côté duquel, même moi qui ne suis pas exactement un gringalet, faisait l’effet d’être une petite chose fragile. Son passager râlait si fort que je l’entendais depuis mon propre véhicule ou je rédigeais la contravention. C’était un petit bonhomme tout maigrichon qui m’était tout à fait antipathique.

 

Le géant est venu me voir pour négocier. Comme beaucoup de mes collègues, c’est une attitude qui l’agasse particulièrement. Je suis policier, c’est marqué dessus, je ne suis pas marchand de tapis, ce n’est pas marqué dessus, je ne négocie donc pas une fois que j’ai décidé de verbaliser. Surtout un comportement routier présentant un risque pour les autres usagers comme celui-ci.

 

Notre Hercule est donc reparti avec son petit papier et j’ai pensé l’incident clos. Vous vous doutez, puisque je prends la peine d’écrire cette lettre, que ce n’est pas le cas. En effet, quelle ne fut pas notre surprise lorsque, plusieurs heures plus tard, nous sommes rentrés au commissariat pour prendre une pause et qu’un officier (un lieutenant qui lui n’était pas du tout antipathique mais, paradoxalement, particulièrement con) nous a sauté dessus avec un tonitruant :

 

-         Putain les gars, qu’est ce que vous avez foutu ?

 

A froid comme ça ce n’est pas très agréable. Je n’en suis plus très sûr mais je crois que sur le coup je l’ai envoyé promener. Il est reparti à son unité d’investigation et je suis allé voir mon commandant. Je n’ai jamais compris pourquoi un « civil » (entendez par là un policier en civil) se sentait toujours obligé de venir mettre les pieds dans le plat alors que nous avions des officiers « tenue » (qui eux sont notre hiérarchie directe).

 

Et ce qu’il m’a expliqué m’a fait froid dans le dos. Notre colosse de tout à l’heure, s’était présenté après notre contrôle pour porter plainte contre nous car, soi-disant séquestré qu’il était par son passager, il avait été forcé manu militari de commettre une infraction au code de la route. Lors de notre contrôle, il aurait clamé son innocence et sa qualité de victime auprès de nous mais nous n’aurions rien voulu savoir, trop content que nous étions de pouvoir verbaliser un malheureux automobiliste par ailleurs en règle. Les collègues avaient refusé de prendre sa plainte, comme il est souvent le cas dans ce genre de situation car ils ne s’estimaient pas impartiaux dans l’affaire. Il était donc parti en disant qu’il irait porter plainte ailleurs.

 

J’avoue que celle là, elle a eu du mal à passer. Et ce qui a eu encore plus de mal à passer c’est que cet abruti (et je me modère) de lieutenant soit parti du principe que nous avions merdé sans se poser la moindre question sur les circonstances exactes du contrôle en question.

 

Sur le coup, j’ai ri de penser à ce petit bonhomme intimidant Atlas par sa simple présence dans la super 5 (où il devait être bien à l’étroit à côté de l’autre). Après coup je n’ai plus ri lorsque mes deux collègues et moi-même avons été entendus administrativement par notre commandant. Même si avec le recul je me rends compte qu’il ne cherchait qu’à anticiper d’éventuels problèmes, sur le coup je lui en ai voulu. Il ne le méritait pas, car outre sa bonhomie et sa jovialité, il nous menait comme l’aurait fait un bon père de famille avec une grande impartialité et une extrême humanité.

 

J’ai mal dormi cette nuit là comme vous pouvez vous en douter. Je fus pourtant soulagé le lendemain, en arrivant au service d’apprendre que : le géant était allé porter plainte dans un commissariat voisin. Que, mes collègues là bas étaient réticents à la prendre pour les mêmes motifs que précédemment. Qu’il avait tant insisté et terme si disgracieux qu’il avait fini en garde à vue pour un outrage se discréditant totalement. J’ai appris également, que dénoncer une fausse séquestration pour mettre en porte à faux les fonctionnaires de police afin de faire sauter l’amende était une pratique qui tendait à se répandre, les contestataires ayant réussi à trouver des officiers et des magistrats assez crétins (une fois de plus je me modère) pour croire à ce genre de choses.

 

De votre côté, même si vous n’aviez pas l’air d’être de ce genre là, j’ai néanmoins pris mes précautions lorsque j’ai eu affaire à vous. Premièrement parce que l’habit ne fait pas le moine (même si un type avec une grande robe brune n’est pas forcément un travesti). Deuxièmement pour faire comprendre à ma hiérarchie (à qui j’en voulais toujours) que je n’avais pas apprécié son comportement.

 

La coutume à ce moment et à cet endroit là était de systématiquement entendre les gens pour un feu rouge. Vous m’avez donc ouvert des yeux comme deux petites lunes bien rondes lorsque je vous ai posé la question :

 

-         Monsieur, êtes-vous séquestré par votre passager ?

 

Vous avez regardé votre voiture et votre passagère, avez eu un petit sourire (j’ai du vous sembler farfelu, je l’imagine bien) et m’avez répondu :

 

-         Non monsieur l’agent, il s’agit de ma femme.

 

Réponse dument consignée sur le procès-verbal. Après transmission de la contravention, j’ai eu droit à un :

 

-         C’est bon Jayos, on a compris, arrête tes conneries sur les P.V. maintenant.

 

Message reçu, de part et d’autre, balle au centre et n’en parlons plus.

 

Bien à vous, cher monsieur.





C'est en lisant ceci que l'histoire m'est revenue en tête.
Les faits relatés par le lien sont susceptibles d'arriver à chacun d'entre nous.

Par Jayos - Publié dans : Brève de 17.
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Jeudi 25 septembre 2008

-         Police Secours, j’écoute.

-         *Râle de la ménagère de moins de cinquante ans avec deux grammes dans chaque doigt* Je suis perdue !

-         Tout de suite à gauche !

-         Merci !

Par Jayos - Publié dans : Brève de 17.
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Jeudi 25 septembre 2008

Cher monsieur,

 

Je ne connais pas votre nom : vous êtes un personnage fictif et je ne me suis pas donné la peine de vous en trouver un. Par conséquent, vous ne connaissez pas le mien. Nous ne nous sommes donc jamais rencontrés mais d’autres, moins fictifs que vous, ont déjà rencontrés certains de mes collègues, pas du tout fictifs eux.

 

Votre rencontre eut lieu dans des circonstances tout à fait particulières. Celles que nos hautes instances hiérarchiques, dans toute leur magnifique sagesse, appellent des Violences Urbaines. Pour ceux qui ne connaissent pas cette expression au combien reprise en cœur par tous ces fumeux médias dont on nous abreuve en permanence et qui sont bien plus abrutissants que deux cent décibels de musique techno (et pourtant Dieu sait que…), des violences urbaines ce n’est ni plus ni moins qu’une émeute dont on tait le nom. Car, comprenez bien, les gens, bêtes comme ils sont, on leur dit « émeute » et tout de suite ils courent au supermarché commencer à faire des provisions de sucre et de café. Par contre on leur dit : « violences urbaines » et là tout de suite ça va mieux, c’est moins grave.

 

-         Madame, que pensez vous des récentes violences urbaines qui ont enflammé *Insérez une région de votre choix* ?

-         Oh, bah, vous savez moi monsieur, j’habite à la campagne, alors tout ce qui est urbain ça ne me concerne pas vraiment.

 

Chez nous, en plus d’officialiser cette débilité de dénomination, nous parlons aussi de M.O. (Maintient de l’Ordre). Ce n’est ni plus ni moins que de ramasser son casque, récupérer un bouclier dans un coin et s’en aller en procession vers un lieu donné où doit se tenir une manifestation. Généralement, on reste quelques heures dans les cars, soit à ne rien foutre, soit à jouer aux cartes (qui sur le plan de la productivité revient à peu près au même), soit (généralement c’est dans ce groupe là que je me retrouve) à raconter des conneries avec les copains pour tuer le temps (ce qui n’est toujours pas productif). Et, une fois qu’on a bien rigolé, on remonte dans les cars (pour ceux qui en sont descendu) et on rentre à la maison.

 

Ca, c’est ce qui se passe, quand le commun des mortels, à savoir le bon père et la bonne mère de famille, autrement dit des gens civilisés, sont là pour dire bien fort qu’il y en a marre de *ajoutez la revendication de votre choix*. Et, franchement, quand nous avons affaire à des gens comme ça, il n’y a pas lieu que ça se passe autrement. Mais seulement voilà, dans certaines manifestations, il y a les gens qui manifestent et les gens qui ne manifestent pas. Comme on dit dans les reportages du vingt heure : « Et là, c’est le drame. »

 

Que se soient ceux qui restent à la fin des manif pour avoir le plaisir de tout péter, ceux qui se réunissent dans les lieux publics pour se taper sur la gueule/taper sur la gueule des gens (rayez la mention inutile) ou plus universellement nous taper sur la gueule, ils finissent tous plus ou moins de la même façon. A noter simplement que dans le cas des dites violences urbaines, on ne passe pas par la case manif-cortège-déconnade avant. Pour nous, changement d’ambiance radical. On met les casques, on prend les boucliers (on en a pas tous un mais comme je fais toujours partie des plus gros généralement on m’en met un dans les mains) et on se met en rang d’oignons, les boucliers devant (ça parait logique, mais on lève les mains au ciel en criant : « enfin quelque chose de logique dans la police ! ») et on attend.

 

Imaginez vous, debout, pas tout à fait de profil mais pas tout à faire de face, pas tout à fait droit mais pas tout à fait courbé, un bouclier sur un bras, une matraque dans l’autre main, avec quelqu’un derrière vous qui vous tient toujours l’épaule. Serré, à droite comme à gauche par vos petits camarades dans la même position que vous.

 

Imaginez vous, un casque sur la tête, généralement mal ajusté parce que vous n’avez pas réussi à faire mieux, avec des courroies de cuir qui vous irritent le menton et le cou, crevant de chaud, la visière baissée donc totalement embuée en train d’essayer de voir ce qui se passe à travers le bouclier qui n’a de transparent que le nom.

 

Imaginez vous, au milieu des cris. Aussi bien des insultes qui viennent d’en face que des collègues qui annoncent les arrivées de projectiles. On vous pousse dans un sens, on vous retient dans l’autre. Des crétins, tout leur courage rassemblé car ils sont sûrs que nous n’avons pas encore l’ordre de bouger, viennent mettre des coups de pieds dans les boucliers. Ca remue, ça secoue. Et imaginez enfin que tout ceci dure pendant des heures. Si vous réussissez à visualiser tout ça, vous aurez une petite idée de ce que l’on ressent durant un M.O.

 

Tous autant que nous sommes, nous nous mettons la pression nous même. Nous nous agaçons, nous nous énervons. Avant de commencer ça, nous sommes des gens tout ce qu’il y a de plus banals. La plupart d’entre nous sont père ou mère de famille. Certains sont des artistes, musiciens, peintres, photographes, écrivains (non je ne me considère pas comme un artiste moi-même). Certains sont de vrais nounours, doux comme des agneaux (ça oui par contre, je fais bien partie de cette catégorie là). Et tous autant que nous sommes, nous n’avons qu’une seule idée à ce moment là : c’est rendre les coups que nous recevons.

 

Et vous, monsieur le personnage imaginaire, qui n’aviez peut être pas prémédité votre coup mais tout au moins possédez assez de volonté de nuire pour ne pas être parti avant et vous réjouissez d’un affrontement avec les forces de l’ordre, n’avez pas prévu un ou deux points de détail ce matin là, en mettant votre plus beau jogging jaune canari pétant (cette théorie s’applique aussi aux joggings blancs et à tout autre vêtement de couleur très vive).

 

Il faut comprendre, qu’entre la visière (qui porte déjà de multiples rayures), la buée qui recouvre la visière et le bouclier (lui-même tout aussi rayé que la visière), nous ne voyons absolument rien si ce n’est des taches de couleur floues qui s’agitent avec plus ou moins d’énergie. Et que lorsque l’ordre est donné de lâcher les fauves (car à ce moment là nous sommes plus des fauves que des êtres humains) vous recevez sur la tête ce qu’on appelle par chez moi « une avalanche de flics » car la tâche la plus visible, celle sur laquelle nous nous focalisons est bien cette tâche jaune canari qui nous attire l’œil depuis le début.

 

Moralité : en toute circonstance, la discrétion paye.

Moralité de la moralité : le survêtement jaune est du plus mauvais goût.

 

Bien à vous.

Par Jayos - Publié dans : Les lettres de mon Flicard
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Dimanche 21 septembre 2008

-         Police Secours, j’écoute.

-         Vous connaissez les quatre cent coups ? Et bien moi je préfère les quatre cent culs !

-         *Lecture à haute voix du numéro de téléphone portable en appel masqué ou du numéro de téléphone fixe en liste rouge*

-         tut…tut…tut…tut…

 

*Rappel du numéro de téléphone en question*

 

-         Allô, monsieur MonCul ?

-         Euh… Oui…

-         La prochaine fois, vos petites blagues sur une ligne d’appel d’urgence, vous vous les gardez. Cette fois ci c’est gratuit, mais la prochaine fois je me ferai un plaisir de vous faire avoir des ennuis. Suis-je assez clair ?

-         Euh… Oui, monsieur.

Par Jayos - Publié dans : Brève de 17.
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