La Vieille dame, le flic et le yorkshire.

Publié le par Jayos

Chère Madame,

 

Je ne connais pas votre nom, vous ne connaissez pas non plus le mien : nous ne nous sommes jamais rencontrés. Je tiens cependant par ces quelques mots à vous présenter mes plus humbles excuses. « Pourquoi donc jeune homme ? » me direz-vous ou peut-être ne le direz vous pas : je n’ai aucune idée de la façon dont vous vous exprimez.

 

Et bien, rappelez vous, un jour, vous promeniez vos chiens. Deux petits yorkshires que j’imagine très doux et très affectueux lorsque vous avez croisé l’un de mes collègues. Pour être plus exact, c’est lui qui vous a croisé, à la poursuite qu’il était de je ne sais quel gredin. Tout à sa galopante entreprise, il n’a pas fait attention à vous. S’est pris les pieds dans l’une de vos laisses et a chût, je suppose assez lourdement. Avec un mot d’excuse, il s’est précipitamment relevé et a repris sa course.

 

Il n’a compris l’étendue de cet accrochage que quelques heures plus tard, lorsque vous vous êtes présentée au commissariat en déplorant que sa chute ait entraîné la mort d’un de vos petits compagnons sur lequel il était tombé.

 

Tout d’abord, je tiens à vous exprimer ma plus sincère sympathie. Je tiens également à vous présenter mes plus basses excuses pour avoir éclaté de rire lorsque cette histoire me fut contée. Je suis parfaitement conscient de la douleur que cette perte a du vous infliger. Je suis également parfaitement conscient de la cruauté de ma réaction que, je présume, vous ne devez pas comprendre ni accepter comme il doit en être le cas pour beaucoup de nos concitoyens.

 

Cependant, je ne pourrai jamais suffisamment m’excuser car, même à ce jour, plusieurs années plus tard, je ne peux m’empêcher de sourire en y pensant.

 

Bien à vous.

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