Ce qui vous a rendu le plus fier.

Publié le par Jayos

Cher mademoiselle,

 

Je ne connais pas votre nom, vous ne connaissez pas le mien. Nous ne nous sommes rencontré qu’une fois. C’était dans un train. Je le prenais une fois tous les quinze jours quand je faisais mon service pour rentrer passer un « week end » chez mes parents. Généralement, j’étais debout depuis quatre heures du matin et je comatais dans un coin.

 

Ce jour là, je dormais pour de bon. C’est vous qui m’avez réveillé. Lorsque vous avez crié. J’ai jeté un œil dans le couloir central et j’ai vu les perles de votre collier qui tombaient en pluie sur le sol. On venait de vous le casser en vous saisissant le col. Un gredin particulièrement grossier semblait ne pas comprendre ce que « non » signifie et qu’il n’est pas poli d’insister ainsi auprès d’une demoiselle.

 

J’étais encore à moitié endormi et complètement vaseux c’est sûrement pour ça que je n’ai pas cherché à comprendre. Je me suis levé et je me suis approché. Apparemment je devais avoir une sale trogne parce qu’il a reculé en me voyant arriver. C’est là que j’ai vu sa bouteille de bière. C’est là que j’ai vu ses trois copains derrière lui. C’est là que je me suis dit que si lui avait bien bu, moi je risquais de manger chaud si mes talents de diplomate ne suffisaient pas. C’est là que j’ai senti la peur commencer à monter en moi. Et c’est là qu’il était trop tard pour reculer : quand le vin est tiré, il faut le boire.

 

J’ai commencé à discuter. A quatre contre un, même Van Damme il négocie. De toute façon je n’étais pas assez aware pour chercher à faire autre chose. Je ne me souviens plus de ce que j’ai dit. Je ne me souviens plus du temps que ça a duré. Mais ils sont partis dans l’autre sens et ils ont changé de wagon. J’ai eu de la chance.

 

Je vous ai demandé si ça allait, j’ai essayé de vous aider à ramasser vos perles mais je crois que c’était une cause perdue d’avance. Et puis comme un crétin je suis retourné m’asseoir et j’ai fini par me rendormir. Si j’avais été moins timide (et surtout moins bête) je vous aurais demandé votre numéro de téléphone. Comme quoi : on est jeunes, on est cons, mais qu’est ce qu’on est jeunes !

 

Cependant, je voulais vous écrire cette lettre, chère mademoiselle, pour vous remercier. Car figurez vous que deux ans plus tard, je passais le concours de Gardien de la Paix et on m’a demandé de relater le fait qui m’avait rendu le plus fier pendant mon Service National. Et bien grâce à vous j’ai été reçu.

 

J’espère que vous vous portez comme un charme.

 

Bien à vous.

 

P.S. : Suite à cela je me suis acheté une bombe lacrymogène qui a fini par fuir dans mon sac parce que je ne m’en suis jamais servi. Mieux vaut prévenir que de ramasser ses dents !

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Commenter cet article

gabian 05/08/2009 22:11

"A quatre contre un, même Van Damme il négocie", sage maxime de la survie en milieu hostile !

Jayos 06/08/2009 05:20


Ce qui serait amusant c'est d'écouter Van Damme pendant la négociation.


Athena 06/01/2009 02:10

Ha ! la lacrymo qui fuit... j'ai connu ça. Comme je n'ai pas le droit d'avoir un flingue, je me laisse pousser les ongles.

Bravo en tout cas. Même dans le cirage, vous assurez.

Jayos 10/01/2009 05:57


Assurer, je ne sais pas. Je n'ai pas réfléchi, ça j'en suis sûr. Prenez garde à vos ongles, un accident est si vite arrivé.

Merci d'avoir pris le temps de me laisser ces quelques mots, c'est fort aimable à vous.