Malédiction.

Publié le par Jayos

Cher Monsieur,

 

Je n’ai pas le moindre souvenir de votre nom, et vous ne devez pas connaître le mien. Nous nous sommes rencontrés cependant. C’était un jour ou il faisait nuit (et oui en hivers on dit que c’est encore le jour mais il fait déjà nuit parfois). Je suis venu chez vous avec mes collègues à cause de votre petite amie. Ou plutôt futur ex-petite amie qui, comme elle portait déjà les cornes, avait décidé de vous faire une vacherie.

 

Mon bon monsieur, je le sais pour l’avoir constaté de nombreuses fois, vous le savez désormais pour vous être fait « encorné », nul ne peut vous faire plus de mal que quelqu’un qui vous est proche.

 

Il faut dire aussi, mon cher monsieur, que vous n’avez pas été très correct. Premièrement avec votre belle, qui ne l’était pas particulièrement d’ailleurs, deuxièmement avec votre futur ex-employeur (là je m’y perds un peu) j’ai nommé La Poste pour qui vous travailliez régulièrement en intérim.

 

Donc, comme cela ne semblait pas très carré dans votre esprit, je vous le dis bien clairement, ne pas distribuer le courrier qu’on vous confie ce n’est pas bien, le garder pour vous c’est mal et c’est interdit par la loi. Voilà comment on se retrouve bêtement embarqué par les flics pour un vol qui ne vous a même pas profité puisque vous n’avez rien pu tirer de votre butin. Voilà aussi comment on se retrouve avec un sac d’un mètre cube environ, plein de paperasses, à se coltiner sur le dos sur trois ou quatre étages (c’était moi le plus gros de la bande donc j’ai gagné le droit de jouer la mule en plus de jouer le mulet). Au passage, on a aussi embarqué la vachette (rapport aux cornes), parce que dénoncer un délit, c’est bien, mais le dénoncer au bout de deux ans par pure volonté de vengeance c’est un peu limite quand même.

 

Et voici tout ce beau monde, veau, vachette, mule, mulets au poulailler pour dénouer le paquet d’anguilles. Somme toute rien de bien compliqué, tout le monde reconnaissant son rôle respectif. Sauf que, un mètre cube de courrier, ça fait un bon paquet de lettres (et ça pèse son poids). Hors, tous mes petits camarades de l’Unité d’Investigation qui ont récolté le bébé, en accusant le Chat Noir d’avoir encore frappé, on été obligés d’inventorier le courrier, répertorier les destinataires (qui sont tous victimes dans l’affaire) et de les contacter un par un pour leur restituer leurs biens. Un travail de fourmi pour une tâche de titan. Cela m’a valu une belle malédiction collective de la part de mes petits camarades.

 

Bien à vous monsieur.

Bien à vous mademoiselle.

Bien à vous mes chers collègues. Sachez que le sort que vous m’avez jeté me poursuit toujours.

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gabian 14/08/2008 15:11

Mon blog a un mois de plus que le tien, c'est donc en tant que grand ancien que je te souhaite de réussir dans ton entreprise ! ;-)
Je passerai lire tes lettres. Bonne chance !

Jayos 17/08/2008 05:43


Merci bien pour ces quelques mots d'encouragement.