Ah, madame!

Publié le par Serge REYNAUD

Pour lire et commenter mon dernier texte ("Il est frais"), il vous faudra aller chez Serge. Serge qui est le signataire ici-même du texte qui suit ("Ah, madame !"), je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

Serge est un collègue, qui m'a envoyé le texte que vous pouvez lire ici. En échange, je lui ai envoyé un texte qu'il publie sur son site. C'est bon, j'ai tout bien expliqué ?

Donc vous allez commenter son texte ici tandis que pour les commentaires à propos du mien, il faut aller chez lui, parce que si vous commentez chez moi le texte que j'ai laissé chez lui et vice-versa, on ne va plus rien comprendre alors que, déjà aujourd'hui, je ne suis plus sûr moi-même d'avoir tout compris à cette initiative que j'ai pourtant initiée.

En gros, allez là-bas, chez Serge, pour me lire, et savourez Serge ici-même.



Ah, madame !

 

Vous ne connaissez pas mon nom, ne l'avez jamais su, et je ne me souviens plus du vôtre. Et pourtant ce nom, j'aurais eu tout loisir de le noter ce jour où, mutine et prompte à votre volant, vous aviez sous mes yeux copieusement grillé ce feu rouge, avec détermination et élégance, et que je vous avais donc, en tout bien tout honneur, sifflée. Mais j'écris tout de même cette lettre à vous virtuellement adressée, en escomptant vraiment que vous vous reconnaîtrez.

Vous êtes sortie de votre petite auto, toute de cotonnade crème en longue robe vêtue, jeune femme brune aux cheveux interminables et le câlin sourire en coin, pour m'adresser la parole de cet air vaguement dédaigneux de mannequin que les trop belles affichent, d'une voix un peu rauque, un peu trop lente, totalement irrésistible.

Notre échange, madame, infirma heureusement la première impression : vous n'étiez pas inabordable et, qui sait... Tout dans votre attitude, du port de tête à la gestuelle impeccables, disait la splendide brune accoutumée à briser voluptueusement les défenses naturelles du mâle en trois-pièces de directeur de marketing, gris croisé d'attaché de direction ou tenue bleu-flicard de bord de route, quelqu'uniforme, donc, qu'il portât. Ce fut un échange doux, satiné dirais-je, en tout cas pendant une jolie minute, jusqu'à ce que vous assimiliez que décidément, non, je ne me laisserais en rien fléchir.

Vous m'avez alors, en pétulant baroud d'honneur, adressé sur ce ton tellement femme -  ce ton que vous maniiez si bellement depuis le prologue de cette indéniable parade - une courte tirade aux limites ultimes de l'honnêteté et de la langueur qui résonne encore, ineffable nostalgie, en mon souvenir à peine teinté de regret :

- Mais enfin monsieur, admettons, admettons seulement…. Si vous n'étiez pas en service, nous nous entendrions certainement, non ? Vous m'auriez même demandé mon numéro, je me trompe ?

Ah la belle, la sournoise, la merveilleuse attaque, qui ne disait rien et qui promettait – mais promettait seulement - ce que je voulais entendre ; le bel appât, madame, que cette admirable formule rodée de petite et capiteuse trentenaire, stylée jusques au bout de vos doigts fins, cette quasi invite qui a suspendu un instant la bête amende, celle que je vous délivrai dans mon plus grand silence.

Vous êtes rentrée, madame, dans votre petite voiture en claquant la porte de toute la force de votre déception, et cela fit un bruit énorme. Non tant pour les points de permis que vous alliez à coup sûr perdre, mais plutôt je pense pour cet admirable exercice qui n'avait, contrairement à votre accoutumée, pas fait craquer le grand benêt dont vous aviez suavement monté en langoureuse émulsion les instincts prédateurs. Car oui, madame, pour ne rien vous celer, dans votre infernal charme j'étais tout près, vraiment, de me laisser perdre. Mais si dans les rets d'autres beautés je me tords aujourd'hui volontiers encore, apprenez que je ne succombe aux pièges du beau sexe que si le charme est partagé, et non quand fallacieusement la belle tente de me circonvenir.

Autrement dit tu méritais ta prune, grognasse, et tu l'as prise dans ta gueule.

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Serge REYNAUD 19/09/2010 00:22


Ah bon ? J'ai un côté brune ? Je ne suis pas sûr de comprendre, mais ce doit être un compliment... Merci !


laure.yentale 11/09/2010 20:59


Excellent, on se laisse séduire par votre style. Vous avez aussi "ce côté "brune".


Serge REYNAUD 14/06/2010 14:42


@Chantal : Merci d'être passée ici, à bientôt.


Chantal 11/06/2010 18:46


Bien fait pour la dame et bravo à vous ne pas avoir succomber. Quoique, sans cette tentative il n'y aura pas cette magnifique histoire. J'avais toujours cru que ce sont des contes que les femmes
tentent de faire les yeux doux dans ces cas là. J'avoue cela ne e viendrait même pas à l'esprit, seulement la pensée que j'étais idiote.

Je me demande pourquoi les gens mentent en cas d'infraction? J'ai eu de la chance et éviter un PV pour absence de ceinture en disant la vérité: je venais de sortir du parking et avait complètement
oublier la ceinture. Le gendarme m'a regardé, je n'ai pas cillé ou détourné le regard et il m'a dit c'est bon pour cette fois. Là, j'étais surpris, je m'attendais à avoir le "papillon" qui lui
m'auraient coûter très cher après avoir eu un une dizaine de jour avant (mon premier en 10 ans de permis) où ne contestant nullement l'exces de vitesse (sur 5 voiture 4 ont eu un PV), le gendarme
m'a fait cadeau de la ceinture (encore!) et j'ai payé immédiatement les 300 FF (les points étaient plus regretter que les sous).Après ou depuis, le second presque PV d'absence ceinture, je ne
l'oublie plus une seule fois (ce qui m'arrivait souvent avant).

Bon vendredi


Serge REYNAUD 08/11/2009 13:29


@LGV : Je ne sais de quel blog tu parles, celui de Jayos qui m'a accueilli pour ce texte ou bien le mien, mais peu importe : tu as bon goût, continue ! ;-)